Archive pour la catégorie 'Réflexions'

Libre accès -> RMLL ! (Artischaud ?)

Mercredi 2 juillet 2008

Bon, Libre accès, voilou, et revoilou, et t’en re-veux. De la mairie du IIe à la Cantine, en passant par le point névralgique, le Ministère de la Crise du Logement. & Paf, de suite semaine après, Cantine encore dis voir, fête firefox3, y étions aussi, réalisant entre Mexique France la quadrature de l’emploi du temps :

dogmazic est chaud bouillant pour le panda

Cela étant, et toutes choses étant égales par ailleurs, “de commencements en commencements par des commencements qui n’auront pas de fin“, disait Grégoire de Nazianze, on z’y va maintenant à Mont-de-Marsan : tsunamiza-wazarizationn du conglomérat de gnurdz en folie . Oui… désolés… le jeudi 3 juillet au soir, une carnavalesque meute de gnurdz chauds comme des macaques frétillera et moovera son petit corps sur de la musique libre mixée rien que pour eux, chanceux ;^D

Carnaval!!!

A diffuser dans l’artichaut !

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Une brève histoire de la lutte contre les pirates

Jeudi 5 juin 2008

Nous vous livrons avec grand plaisir cette brève histoire de la lutte contre les pirates , avec l’aimable autorisation de son auteur. On ne saurait faire à la fois plus limpide, argumenté (et sourcé), plaisant et vif. On suivra les dernières aventures des méchants, - non, pardon… - (anti-)héros de cette histoire, les gens qui crient très fort et les adopis, sur nonfiction.fr, pcimpact et numerama. Et l’on s’instruira en riant avec Pascal. Et hop, on signera la pétition de SVMlemag.

pirate.jpg

Sujet: vous raconterez comment s’est organisée puis développée la lutte contre les pirates de musique et de film sur l’Internet. Vous rédigerez une conclusion sur la base de ces faits donnant votre sentiment.

C’est l’histoire de gens qui crient très fort dans la radio et la télé. Il y a Pascal, et puis un autre Pascal et puis Johnny (celui qui est allé en Suisse en criant, puis il crie plus mais il est resté là bas). Et puis des fois, il y a des moins connus aussi, mais ils crient moins fort. Ils sont tous copains avec le Président de la République, parce que le Président de la République, il sait crier très fort aussi.

Un jour, ils se réunissent et trouvent que tous les gens qui écoutent de la musique et regardent des films avec Internet, comme moi et mes copains, ils font rien qu’à leur faire des misères et à leur voler leur fromage.

Alors ils décident d’envoyer les gendarmes. Ca fait peur parce que les gendarmes, d’habitude, ils s’occupent de gens très méchants, avec des gros révolvers et qui font du mal aux gentils. Là, les gendarmes, ils vont gronder une maman, et puis une jeune fille (avec des boucles) et un professeur aussi. Et ils veulent les mettre en prison avec les gens très méchants avec les gros révolvers.

Mais ça marche pas bien, parce que tout le monde pense que les mamans, les jeunes filles (avec des boucles) et les professeurs, ils sont gentils.

Les gens qui crient très forts et les amis de Sarko, ils disent: “bon, c’est pas grave, on va mettre des tapettes à souris sur la musique et les films”. En vrai, ils appellent pas ça des tapettes à souris, mais des déhèraime.

Ca marchait pas bien, les tapettes à souris: en fait, souvent, ça tapait sur les doigts des gens gentils qui voulaient donner à manger à ceux qui criaient forts. Là où ça fait peur, c’est que les gens qui criaient forts, ils ont dit qu’il fallait envoyer les gendarmes chez tous ceux qui enlevaient les tapettes à souris pour qu’elles arrêtent de casser les doigts des gens gentils. J’ai pas compris pourquoi mais il y a un monsieur important, Hervé Dévé, qui était bien d’accord. Hervé Dévé, il arrêtait pas de dire qu’il voulait donner à manger aux gens qui crient très forts avec les déhèraimes. C’est vrai que si les souris mangeaient tout le fromage, ça faisait plus beaucoup à manger pour les autres.

Là, il y a des gens qui ont dit: faut arrêter les tapettes à souris et donner quand même à manger aux gens qui crient très fort. Ils ont dit d’aller chercher du fromage sur internet pour donner à manger à ceux qui crient et qu’ils arrêtent de crier et qu’ils nous laissent écouter de la musique et regarder des films sur internet. Mais les les gens qui crient très fort, ils ont crié encore plus fort je sais pas pourquoi. Peut être qu’ils étaient habitués à leur vieux fromage, ils en voulaient pas un nouveau.

Hervé Dévé, il s’est battu comme un lion -c’est lui qui l’a dit- pour mettre des tapettes à souris. Et puis les gens qui criaient très forts, ils ont dit, ben non, finalement, c’est pas bien les tapettes à souris.

Et puis comme les gens qui crient très fort, ils sont malins avec plein d’idées, ils en ont eu une autre, d’idée. Ils ont dit: si on peut pas envoyer les gendarmes chez les gens qui écoutent de la musique et regardent des films avec internet, et si on peut pas mettre des tapettes à souris, alors on va leur enlever internet. Mais les gendarmes ils ont pas voulu: ils ont dit qu’ils fallait respecter les droits des hommes, sinon ils allaient être punis. Alors le Président de la République, il a dit, “vous inquiétez pas” aux gens qui crient très forts et il leur a promis des nouveaux gendarmes plus coulants.

Mais attention, ce serait des gendarmes très intéressés aux droits des hommes, aussi. Le Président de la République, il s’intéresse beaucoup aux droits des hommes. En fait, les nouveaux gendarmes plus coulants, ils seraient juste plus intéressés aux droits des hommes qui crient très forts qu’aux droits des autres hommes. Ils s’appellent les adopis. Leur travail, c’est quand quelqu’un crie très fort parce que quelqu’un écoute de la musique sur internet, ils écrivent une lettre à sa maman et puis après ils enlèvent l’internet de toute la famille. Et puis aussi le téléphone et la télévision. Et puis les adopis, ils sont plus forts que Superman, parce que maman, elle a pas besoin de se déplacer ou de parler, elle peut même pas dire que c’est ma faute et moi je peux pas dire que c’est le voisin qui a rigolé avec le wifi pas protégé: l’internet et le téléphone et la télé, ils sont arrêtés tout seul. Fallait pas faire des bêtises avec le fromage des gens qui crient très fort.

Conclusion: je crois pas que les nouveaux gendarmes plus coulants de Nicolas, ils marchent mieux que les tapettes à souris ou les gendarmes de d’habitude. Les gens qui crient très forts, je crois qu’ils doivent aller chercher à manger ailleurs et arrêter de crier, parce que ça fait mal à la tête.

Benjamin, 8 ans - alias Florent Latrive
Photo: peasap sous licence Creative Commons

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Et si la gratuité de la musique permettait enfin de rémunérer les artistes de façon juste?

Samedi 9 février 2008

Je reprends ici un texte de Elfan.

Je déteste le mot Gratuit, ce mot qui n’existait auparavant que pour désigner un acte désintéressé (un geste gratuit) a aujourd’hui été dépouillé de son sens par la publicité pour continuer d’imposer des produits ou des idées en reportant les couts sur les consommateurs de façon indirecte.

Ainsi nous recevons ‘gratuitement’ des prospectus dans notre boite aux lettres, les entreprises qui les fabriquent ne paient même pas leur élimination une fois à la poubelle puisque nous en devenons propriétaire en les trouvant avec le courrier.
Cout de ces déchets par an pour la collectivité (c’est à dire payé par les impôts locaux): 110 millions d’euros.

Pareil lorsqu’on nous offre des échantillons, c’est de la pub et 100% de son prix est reporté sur le consommateur lors de l’achat des produits. En tout par an ça représente 1200 euros par foyer de 4 personnes.

Ces 1200€ que chacun paye comprennent aussi l’édition des journaux gratuits qu’on nous distribue. C’est donc une idéologie que l’on paye à chaque fois que l’on achète un objet vendu par une pub : celle du journalisme qui place les célébrités au même niveau que la paix et qui répète chaque jour le même mensonge croissance=emploi.

Un beau spectacle le bus de nos jours une masse d’autistes protégés derrière le même journal alors qu’ils pourraient s’échanger des titres différents, isolés grâce à leur portable en pianotant sans conviction, c’est quant la dernière fois que vous avez fait causette avec un inconnu dans le bus ?

Le téléchargement permet d’obtenir des chansons sans les payer, l’industrie du disque se bat corps et âme (sic) contre. Mais attendez on parle d’industrie du disque la, quel rapport avec la musique ? Dans le magazine Epok de la fnac, on nous révèle enfin le coût de fabrication d’un CD en Euros (le dernier Thomas Fersen, ce qui concerne la pub est en gras) :

Prise de son : 13 500
Montage : 7 000
Mixage : 19 000
Loc matos : 450
Repas : 1 625
Fournitures (CD vierges, disques durs) : 3 000
Salaires : 75 230 (4 musiciens, une chorale, ingé son, chanteurs, backliner…)
Création graphique : 31 500
Budget de lancement : 12 000 (mini concerts, déplacements télé)
Achats pubs : 140 000
Points de présence magasins : 25 000 (corners, plv, points d’écoute)
Affichage : 22 000
Communication sur les concerts : 45 000
Clip : 40 000
Spot tv : 5 000
Photos presse : 3 000

1er point si ça c’était la norme pour le coût d’un album, alors il n’existerai absolument aucun label indépendant. Heureusement maintenant on peut faire un album de l’enregistrement au pressage avec un ordinateur. Un label connu comme AnotherRecord peut sortir un artiste avec un budget de 1000€.

Second point sur un total de 443 305 euros on en gaspille 323 500 pour le matraquage publicitaire (affichage, payer des gens pour parler du disque à la télévision, à la radio et dans les journaux)!
Dans l’industrie du disque les ¾ du budget sont donc consacrés à imposer un disque au plus grand nombre tout en faisant de l’ombre à ceux qui n’ont pas 300 000 euros pour qu’on les voit partout.
Pendant ce temps dans le monde de la musique les groupes sont connus grâce au bouche à oreille, aux concerts, internet et aux fanzines.

Bref rien à voir ! Pourtant le quidam moyen n’entend parler que de cette industrie puisque dans notre société tout les médias classiques sont justement financés par la pub. Les majors peuvent donc s’inviter à dire « La musique gratuite tue »et pleurnicher sans aucun complexe (voir la réaction d’un artiste à ce sujet).

Au final les artistes non médiatisés, ceux capables de sortir un CD pour moins de 10 000 euros (notre démo nous avait couté 250 euros, pour notre dernier album on s’est offert 4 jours en studio et pressé 500 exemplaires pour moins de 2000€) représentent en terme de parts de marché 5% des ventes de disques en France alors qu’ils représentent au moins 90% des groupes existants!


Un tableau affligeant quant à la diversité du ‘marché’ musical.

Et pourtant ces 5% représentent des gens qui s’investissent de plein de façons, souvent par passion et souvent de façon gratuite, volontairement ou pas vu que les majors s’accaparent tout l’argent que le public consacre a la musique. En tout cas il ne faut pas chercher a vivre d’une telle passion aujourd’hui (alors que le métier de musicien doit être l’un des moins nuisibles qui soit!).

Un changement important est que des groupes commencent à fuir la SACEM et à mettre toutes leur chansons en téléchargement gratuit sur internet (c’est de la musique libre, souvent sous des licences libres), ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas gagner d’argent, au contraire. Comme internet n’est pas encore contrôlé comme le sont les autres médias, les groupes ont là l’occasion de toucher le public qui leur a été confisqué.
Plus encore dans la scène punk/hardcore ce système à un sens grâce à notre soit disant unité; on écoute ce qu’on veut d’abord et ensuite on est libre de soutenir les artistes comme on le souhaite. Ces initiatives se multiplient et les labels jouent le jeu, mes premiers morceaux téléchargés légalement étaient par exemple ceux d’Antimaniax alors qu’ils sont chez HouseHoldName records.

En pratique ce soutien se fait depuis longtemps par l’achat de CD, vêtements et autres lors des concerts, c’est comme ça que je finance mes groupes préférés lorsqu’ils passent dans ma ville, « voilà de l’argent, en espérant que ça vous permette de revenir bientôt ! ». Parfois je ne suis pas fan musicalement d’un groupe mais je suis touché par ce qu’ils sont, je leur achète une bricole et ça me fait un truc à offrir.

Une autre façon plus moderne de soutenir un groupe selon ses moyens est le paiement en ligne, avec sa démocratisation on pourra directement donner ce qu’on veut en trois clicks sans que le groupe ni la personne voulant donner ne paye quelqu’un d’autre.
Tu viens de télécharger un album ? Génial ? Balance 5 euros. Si tes riche file en 20 ! Tas pas une tune tu peux bien lâcher un euro à ton groupe préféré non ? T’aimes pas ? Donne 10 centimes pour l’encourager. Quoi ça fait pingre 10 c ?! Stop, voici une petite mise au point sur le paiement en ligne à travers 2 mondes différents:

Le monde de la musique:
Vous venez de découvrir par hasard un groupe super sur ce myspace libre et sans pub qu’est La Citerne, vous donnez un Euro qui va intégralement à l’artiste. Vous gravez l’album entier que vous venez de télécharger en toute légalité, vous l’écoutez où vous voulez et le prêtez aux amis.
Les artistes que vous avez payé décident à leur façon de partager l’argent avec leur label et autres, c’est leur problème. D’ailleurs certains pensent que ce financement sans intermédiaires est plus efficace que l’achat de CD pour soutenir les artistes hors Majors..

L’industrie de la musique:
Vous cherchez une chanson que vous avez entendu à la radio sur internet. Grâce à l’achat des liens publicitaires le moteur de recherche vous dirige vers Itunes par exemple. Que vous soyez riche ou pauvre il faut payer un euro pour une chanson. Cet euro est repartit entre de nombreux requins et au final l’artiste touchera 3c (soit 33 fois moins que sur l’exemple précédent pour le même investissement de départ!). Vous ne pourrez pas graver de CD à cause des protections anti copies. Vous ne pourrez écouter la chanson que sur un Ipod, légitimé par un budget publicitaire colossal.
Bien sur, les pubs ne précisent pas que ces objets sont fabriqués par un village de 20000 chinoises (plus dociles que les hommes) qui ne quittent même pas leur usine pour dormir. Une fois démodés, les anciens Ipods sont démontés par des Indiennes qui travaillent les mains dans l’acide. J’y pense parfois en croisant des jeunes consommateurs dociles avec le casque au oreilles dans les transports, certains écoutent même du punk.

Si vous donnez 6 centimes direct à un artiste pour une chanson c’est 2 fois plus que ce qu’il recevrai via un site de vente en ligne comme itunes alors que la chanson coute 1 euros !!

On commence à s’approcher de tels systèmes de dons sur le net avec Paypal par exemple (mais c’est pas la panacée car Paypal prélève 56c à chaque transaction). Ainsi des artistes pourront se retrouver avec du financement direct qu’ils pourraient ensuite décider à leur façon de partager avec leur label, studio…

D’autres groupes vont encore plus loin comme les joliment nommés Bomb The Music Industry.
Ils se refusent à sortir le moindre CD et ont malgré tout 4 albums sur internet (ils demandent simplement aux gens qui viennent à leurs concerts d’apporter un CD vierge pour qu’ils leur gravent toutes leur chansons). Aussi ils n’ont strictement rien à vendre, ils apportent juste des feutres et des bombes pour décorer les T-Shirts blancs qu’on leur apporte ! Comment font ils alors ? Ils comptent sur des êtres humains et pas sur des consommateurs, ils ont ce mot sur leur site :
FEED THE MUSIC INDUSTRY!
The catch? Yeah. By not selling merch we SERIOUSLY cut into our ability to eat, drink and sleep on tour. Being that these are functions deemed necessary by the “FDA” and our “FRIENDS”, we ask for a little bit of help. If you can let us crash at your house, that’d be dope. If you work at a restaurant or like bringing food to shows, bring us some food. If you are desperately lonely and itching to drink with someone besides yourself, buy us a drink. For real, ya’ll, we’re poor. We’re not making much. Help us out and we’ll be able to continue posting all of our songs for free. It’s called a SCENE, you guys. Check out MYSPACE IF YOU DON’T UNDERSTAND.

Le monde est tel qu’il est à cause de la façon dont on dépense notre argent. C’est cette prise de conscience que la pub combat férocement en deresponsabilisant les gens.
Vous voulez créer des emplois, c’est facile il suffit de fuir tout ce qui est gros pour le local, on connait l’exemple de la grande distribution qui a tué tout les commerces de proximités (3 emplois de villages détruit pour un emploi créé dans un supermarché en banlieue).

La musique, les livres, les vêtements, tout est pareil, acheter un CD à une major c’est lui donner les moyens démesurés qu’elle possède pour continuer à imposer des produits à un public gavé de pubs.

Bref dans notre cas nous mettons nos chansons en ligne gratuitement, on vend malgré cela pas mal de CD a prix libre à nos concerts et avec l’argent on grave ou presse simplement d’autres CD et on paye péage et essence pour partir en tournée ! Nous on a des boulots mais c’est pas le cas de pleins de groupes que vous croisez sur le net ou les concerts, beaucoup ne veulent pas réussir mais simplement vivre de leur passion et ça ça dépend de nous tous !
Soyons solidaires !

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“Nous sommes des sauvages…”

Mardi 4 décembre 2007

Je reprends ici un article intéressant de Joseph Paris de Ralamax.

Nous sommes des sauvages…

Le patron de la fnac rend son rapport, les Majors signent, le chef de l’Etat prophétise “l’avènement d’un Internet civilisé”… bienvenue au Far Ouest !

Denis Olivennes, patron de la Fnac a été chargé par Nicolas Sarkozy de rendre un rapport sur l’inévitable problème du téléchargement d’œuvres sur Internet.

Nous ne nous attendions évidemment pas à ce que le rendu de ce rapport soit autre chose qu’une tentative de plus pour défendre les intérêts des Majors (La Fnac étant une filiale du groupe PPR - Printemps Pinault Redoute) ; le belliqueux rapport (pdf) se traduit par un accord signé et applaudit par les Majors.

C’est avec ce vocabulaire coutumier du personnage que Nicolas Sarkozy a tenu un discours devant le monde de la culture et des télécoms : “trou noir”, “clonage”, “assécher”, “engloutir”, “ruine”, “destruction” en sont des mots choisis.

Au delà d’une “véritable destruction”, l’homme de main des Majors ne peut s’empêcher d’y voir une “négation du travail” : c’est d’une ironie particulièrement malsaine dans une industrie dont le fondement même ignore les artistes et pille leurs ressources (le protocole de répartition des droits de la Sacem, par exemple, est ostensiblement favorable aux sociétaires coutumiers du Top 50)…

N’ayant pas peur de radoter, Sarkozy attribue au thème du téléchargement illégal la même dialectique que celle qu’il réservait à l’immigration ou à la délinquance : “Pourquoi le citoyen ordinaire, habituellement respectueux de la loi, préférait s’approvisionner dans des entrepôts clandestins” dit-il, tout en parlant de “comportements moyenâgeux” et de “vol à l’étalage“…

Mais là n’est pas plus grave, parfois celui qui exerce le pouvoir est porté à croire que cette position le dispense du minimum d’élégance et de courtoisie, nous pourrions pour cette fois lui pardonner cette faute de goût si cela ne s’accompagnait pas d’une flagrante prétention à donner des leçons de civilisation.

Dans la triste histoire de la France il y a la colonisation. N’ayant pas peur des mots (et c’est un comble), Nicolas Sarkozy dit saluer dans cet accord un “moment décisif pour l’avènement d’un Internet civilisé“, ainsi “la France va retrouver une position de pays « leader » dans la campagne de « civilisation » des nouveaux réseaux ” dit-il avant de conclure manquant de s’étrangler de démagogie : “Il faut qu’Internet soit une fenêtre civilisée ouverte sur toutes les cultures du monde”.

Sarkozy veut donc “civiliser” Internet, dénonçant “un « Far Ouest » high-tech, une zone de non droit où des « hors-la-loi » peuvent piller sans réserve”.

Il serait pourtant bien inspiré de s’appliquer à lui même cette métaphore : en effet, le rapport commandé par sa Majesté qui sera suivit d’un texte de loi prévoit de donner à certains l’autorité de faire justice eux-mêmes (envois d’emails de menace, suspension de l’abonnement internet…).

Faire justice soi-même… C’est bien là une pratique précisément non-civilisée qui avait lieu commun au Far Ouest…

Cet évènement est donc une bien triste nouvelle pour les artistes et les internautes.
Il y a des initiatives telles que celles de Dogmazic et Boxson pour la musique libre, InLibroVeritas pour la littérature, et Ralamax Prod pour le cinéma libre qui offrent aujourd’hui dans l’art libre une sortie crise évidente et naturelle. C’est sans surprise que le rapport Olivennes écarte cette solution : quand on dirige la Fnac et qu’on publie “la gratuité c’est le vol”, il ne faut pas s’attendre à des éclairs de bon sens… (le malheureux Proudhon doit se retourner dans sa tombe..)

A propos de civilisation une question subsiste : doit-on considérer les artistes libres comme des sauvages parce qu’il encouragent le téléchargement et la copie légale de leurs oeuvres ?

Comme au Far Ouest, les sauvages véritables sont bien souvent ceux qui se prétendent civilisés..

Joseph Paris.

Copyleft : article sous licence Art Libre

Sources :

Le discours complet de Nicolas Sarkozy

L’accord Olivennes (PDF)

La liste des signataires

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L’art libre

Mardi 30 octobre 2007

Du son, de l’image, des mots librement accessibles, parfois ouverts à la modification voire à l’usage commercial. Les licences libres et de libre diffusion suscitent un mouvement alternatif de diffusion et de partage des œuvres.

Inspirées ou héritées du logiciel libre, un certain nombre de licences sont utilisées par des artistes pour encadrer les conditions de diffusion et d’utilisation de leur travail. Le phénomène touche tous les domaines : musique, littérature, arts plastique, cinéma… On désigne cette tendance par les termes de copyleft ou encore de Culture libre. Afin de passer tout de suite à la pratique, vous pouvez consulter le paragraphe figurant au bas de cette page, vous trouverez la mention d’une licence Creative Commons de libre diffusion. Le point commun de toutes ces licences est la libre diffusion. On peut télécharger, copier, donner et dans certains cas même vendre du son, du texte, de l’image… Mais les choses ne s’arrêtent pas là car certaines de ces licences permettent aussi à autrui de modifier l’œuvre et de diffuser ses propres modifications.Pour bien comprendre ce qui peut pousser un auteur à placer une de ses œuvres sous une telle licence, il faut également mentionner les obligations qui accompagnent ces libertés. D’abord, la diffusion, y compris commerciale doit citer la source, c’est à dire que l’auteur d’une œuvre doit être nommé. Ce principe vaut également pour les modifications, ce n’est pas parce qu’un tiers a modifié une œuvre qu’il peut s’en approprier la complète paternité. Il se doit de toujours citer ceux qui l’ont précédé. Dans les cas où les modifications sont autorisées, la condition est en général que les mêmes règles de partage et de diffusion soient respectées par la suite.A ces deux obligations correspondent les deux principales motivations des artistes utilisant ces licences.

Libre diffusion et publicité

En premier lieu autoriser la diffusion d’une œuvre en obligeant à citer son auteur est un moyen de se faire connaître. Ainsi en musique, où les licences de libre diffusion sont probablement plus répandues qu’ailleurs, nombre de musiciens se considèrent pris entre le marteau et l’enclume. Même distribués par une maison de disque, ils gagnent très peu, voire rien du tout sur la vente de leur disque sauf à compter parmi la poignée de très gros vendeurs. Du coup, le disque n’est pour eux qu’un moyen de se faire connaître.Par ailleurs, les groupes qui n’ont signé nulle part mais qui sont sociétaires de la SACEM connaissent un problème encore plus important. Nombre de radios sont directement liées à de grandes maisons de disques et les chances d’y être programmé correspondent plus au plan marketing des éditeurs qu’à des critères artistiques, la voie institutionnelle de diffusion est donc particulièrement difficile d’accès. La SACEM ne rémunère qu’une fraction de ses sociétaires, mais interdit toute diffusion gracieuse des enregistrements, y compris par les musiciens eux-mêmes. Du coup, difficile d’être effectivement écouté quand d’un côté l’accès à la diffusion radiophonique est bouché et que de l’autre, toute auto-diffusion est taxée pour pour rémunérer des artistes plus connus.

Pendant longtemps, ne pas rentrer à la SACEM était la garantie de ne jamais être diffusé et la certitude de faire une croix sur une éventuelle carrière. Mais l’avènement d’Internet a offert un média de diffusion inédit. Certains musiciens, considérant que l’accès aux médias conventionnels est très difficile et que sauf énorme succès ils ne toucheront jamais rien sur leurs disques, ont décidé de ne plus perdre sur les deux tableaux. Si, quel que soit l’angle d’approche, l’horizon demeure bouché, autant être écouté par le plus grand nombre au lieu de voir sa démo dormir dans le tiroir d’un producteur ultra sollicité et bordé par un plan marketing. Les licences de libre diffusion répondent à ce besoin.Des sites comme dogmazic.net, boxson.net ou le plus controversé jamendo.com hébergent de très nombreux morceaux librement téléchargeables mis à disposition sous une licence de libre diffusion par leurs auteurs. Ainsi un groupe aura plus de chance de voir du monde à ses concerts et pourquoi pas aussi lui acheter un CD en vente directe. En bref, il fera effectivement de la musique plutôt que de s’épuiser à essayer de devenir musicien. Qui a dit que le téléchargement tuait la musique ?

La démarche est assez proche dans l’édition et la littérature. Très peu d’auteurs, y compris ceux qui sont publiés, ont l’occasion de vivre de leur plume. Beaucoup ne passent jamais le cap de l’édition, ou alors à leurs propres frais. Là encore, la technologie numérique et notamment l’existence de services d’impression à la demande comme le très commercial lulu.com permet de proposer à la vente un livre papier en petit tirage. En France, inlibroveritas.net dont le mot d’ordre est « Littérature Equitable » se distingue par l’intégration impérative d’une licence de libre diffusion dans la démarche de l’auteur. Toutes les œuvres sont lisibles en ligne. In Libro Veritas propose plus qu’une boutique virtuelle mais plutôt la possibilité pour le visiteur de composer son livre avec les textes de son choix. Au-delà du service d’impression, une communauté, s’est mise en place et In Libro Veritas édite de façon tout à fait conventionnelle certains de ses auteurs.

En cinéma, la démarche est encore peu répandue car les budgets nécessaires sont nettement plus lourds, on trouve malgré tout un film d’animation Elephant Dream construit avec le logiciel libre Blender. Ses créateurs récidivent actuellement avec Peach et financent leur film par la souscription, en prévendant les DVD des films. En France Ralamax Production propose ses films sur internet et vise la rémunération par la pub. Pour ses créateurs télécharger ou regarder un film sur Internet est un geste naturel et banal et encore une fois la meilleure façon d’être effectivement vu.

Il est a noter que nombre d’artistes préfèrerait un modèle qui leur permette de toucher des revenus grâce à leur travail et qu’ils choisissent une licence de libre diffusion pour contrer un modèle qui les condamne au silence.

Usage commercial (ou pas)

L’autorisation d’une utilisation commerciale par un tiers, quasi systématique en informatique, est rarement retenue dans le domaine des arts mais correspond en général à la même logique de diffusion la plus large possible. Le profit qu’un tiers peut tirer de son travail personnel est alors considéré comme un moteur supplémentaire pour se faire connaître. Il n’est pas aisé de se dire que l’on abandonne le droit à faire fructifier son travail à n’importe qui, mais ceux qui font ce choix inversent généralement la problématique en se demandant si ne pas le faire leur permettrait de gagner de l’argent.

Les licences libres et de libre diffusion constituent donc un cadre juridique adapté à la diffusion numérique. Ce canal permet de déborder les canaux traditionnels de diffusion qui ne sont désormais ni accessible ni même rémunérateurs pour le commun des mortels.

Une certaine méfiance existe dans le domaine des arts, il faut noter deux différences fondamentales avec celui du logiciel. D’abord l’art n’est pas un objet fonctionnel comme un logiciel qui nécessite une maintenance continue et s’adapte bien à l’accumulation du travail.

Ensuite, le monde du logiciel libre a su mettre en place et maintenir ses propres canaux de diffusion et s’est immédiatement constitué comme un mouvement alternatif à une situation de quasi-monopole et dans un univers nouveau qu’est celui de l’informatique. En revanche, les canaux de diffusions conventionnels de type édition, télé, radio, vente de supports d’enregistrements est très institutionnalisé et sous contrôle. Du coup le spectre d’un sale coup où un artiste connu ou une structure commerciale, exploite à son plus grand profit le travail d’un humble artiste continue d’inquiéter. Certains se souviennent peut-être du dépit ressentit par certains artistes de la Mowtown en voyant Elvis Presley cartonner, sans partager le crédit, avec la musique qu’ils avaient eux-même composé quelques années auparavant.

Les vertus du partage

La publicité n’est pourtant pas l’unique motivation du libre partage des œuvres. L’envie de partager est réelle chez un grand nombre d’artistes. Il s’agit donc certes de se faire connaître, mais avant tout pour faire vivre son art. Certains artistes poussent la logique du partage encore plus loin en autorisant la modification de leur œuvre.

Cette pratique de la modification correspond généralement au sentiment qu’aucun créateur n’est jamais détaché de son contexte, chacun se nourrit du travail d’autrui. Du coup un artiste en autorisant la modification, rend symboliquement quelque chose au monde. Voire son travail repris et modifié est également vécu par ceux qui accepte le principe de modification comme une reconnaissance. Chez Dogmazic, on considère par exemple que la musique est une forme de savoir universel qui a pour vocation première de circuler. Même si elle peut donner lieu à un échange financier, elle est bien plus qu’une marchandise.

L’œuvre, susceptible d’être modifiée, acquerra une certaine autonomie. Ses éventuelles évolutions, reprises et modifications dessineront la vie autonome d’une œuvre qui n’a pas vocation à être figée ou dépendante de son auteur original.

Cette pratique n’est pas neuve. En musique tout particulièrement, la reprise de morceaux mais aussi la pratique parfois problématique du sample et du remix donnent encore une fois du relief à la question de la modification. Les licences libres viennent donc clarifier et reconnaître des pratiques préexistantes.

De même, les auteurs du film Varsovie Express, premier long métrage de Ralamax, ont l’intention de rendre accessibles les rushs de leur film à quiconque voudra les remonter, les réutiliser et affirment être curieux de voir le résultat. Denis Nerincx, auteur d’In Libro Veritas, a pour sa part été très touché de voir l’un de ses textes choisit par un jeune illustrateur pour exercer ses talents. La musique libre permet également de nourrir le cinéma ou encore les logiciels, notamment de jeu. Dans tous ces cas, le sentiment d’accomplissement créatif réside alors plus dans le plaisir de voir une œuvre reconnue, vivante, évolutive que dans le statut d’auteur ou la reconnaissance financière.

La condition le plus souvent associée à l’autorisation de modification, outre celle de citer l’auteur original, est généralement l’obligation de placer le travail dérivé sous une licence identique. On retrouve là le mécanisme qui fait la force du logiciel libre. Celui qui offre son travail à la modification s’assure que ceux qui pourront en bénéficier feront exactement la même chose, alimentant un cycle cumulatif.

Au delà de la licence, le modèle du libre se retrouve parfois dans les méthodes de travail, le cinéma ou la musique sont tout particulièrement des œuvres collectives, le fruit d’une osmose entre plusieurs créateurs. Les méthodes et les outils de travail collaboratif inventés par le logiciel libre donnent lieu à pratiques artistiques. Varsovie Express fonctionne ainsi sur le mode collaboratif tant pour la création que pour effectuer des choix. Côté musique, les « orgies » de Monculprod voient différents musiciens et paroliers se réunir par Internet pour construire un morceau petit à petit, chacun apportant un élément : texte, rythme, riff, ligne de basse, voix, cuivres…

Quelle qualité ?

L’autorisation de modification et la création collective encore plus que la libre diffusion contribuent à nourrir une culture vivante, généreuse et en perpétuel bouillonnement. Ce foisonnement est parfois dénigré. Il est considéré par certains comme une immonde soupe où domine la médiocrité, ce qui se distribue gratuitement serait nécessairement sans valeur.

La démarche d’ILV ou de Dogmazic est effectivement de laisser ouvert à tous. Monculprod dans son morceau-manifeste, Beuarhland, explique le principe. Nul élitisme, la démarche n’est pas de faire n’importe quoi mais d’y mettre de la conviction. Ce qui compte n’est pas tant la performance que l’honnêteté de la démarche.

Du coup on trouve de tout : une certaine dose de cabotinage certes, du manque de talent aussi, mais également du très bon et beaucoup de surprises car le formatage n’est pas de mise. La liberté de circulation se conjugue avec la liberté de création. D’autres projets sont en revanche plus sélectifs et ne proposent que ce qu’ils considèrent de meilleur. In Libro Veritas occupe une position intermédiaire, chacun peut déposer un texte sans avoir à subir de sélection et n’importe quel texte peut-être compilé dans un livre. En revanche In Libro Veritas effectue également un véritable travail d’édition sur un choix subjectifs de texte. Son créateur, Mathieu Pasquini a également édité un recueil de jeunes auteurs dénichés par un lecteur passionné, jugeant que ceux-là méritaient d’être lus. Un nouveau recueil des “jeunes pousses” d’ILV vient tout juste d’être diffusé. La vie de la communauté est dès lors le pendant humain qui fait vivre la création.

Une sélection, une politique éditoriale existe donc bel et bien mais a posteriori et sans limiter le droit à l’expression et à la diffusion de quiconque. Le droit à la médiocrité est paradoxalement un moyen pour laisser le meilleur s’exprimer. A l’auditeur/spectateur/lecteur d’être curieux, critique, attentif… Il dépasse alors largement le rôle du simple consommateur de « produits culturels » ou de divertissement dans lequel certains acteurs commerciaux de la branche aimeraient le faire rentrer.

Cet article est sous licence CC by-nc-nd a initialement été édité sur onirik.net

Pour en savoir plus sur la culture libre et le Copyleft :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_libre

http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyleft

Archive de mon émission de radio, dont une sur les différentes licences :
http://archive.symbiose.free.fr/

Le tableau résumé des licences :

http://www.dogmazic.net/static.php?op=tableau_licences.php

Lien vers les sites cités dans l’article (il y en a d’autres) :

http://inlibroveritas.net/

http://dogmazic.net

http://jamendo.com

http://boxson.net

http://www.ralamax.net

http://www.monculprod.org/

http://quitterlasacem.info

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Universal Edition = La culture qui paye pas c’est de la merde à éradiquer

Mardi 23 octobre 2007

Résumons sous un titre non pas violent mais simplement éloquent la nouvelle attaque des marchands à front de taureau contre la culture : le site IMSLP International Music Score Library Project qui propose plusieurs milliers de partitions du domaine public selon la loi canadienne moins restrictive que les lois européennes (50 ans après le décès du compositeur) a reçu des lettres de menace d’Universal Edition. Or on peut les télécharger depuis d’autres pays (cela s’appelle internet) et donc, le site est fermé.
Quelle grande victoire pour la culture, heureusement ainsi protégée, quelle grande victoire pour Universal Edition, “universel protecteur des arts”. Pouahh…

L’habituel choeur des vierges effarouchées, petites mains sans vergogne du flouze caïd mondial se récrieront “- mais comment, c’est normal, il faut bien rémunérer gna gna gna…” Taratata, il s’agit ici d’oeuvres du domaine public, plus guère rentables de l’aveu même de ceux qui détiennent les droits (lire infra), et ne veulent se fatiguer à rééditer, mais ne sauraient tolérer qu’accès soit offert sans graisser leurs fainéantes pattes.

Cela rappelle la pertinence de l’initiative eldred.cc, lancée par des défenseurs du domaine public, des biens communs, de la culture, dans les années 2002-2003 : il s’agissait - il s’agit toujours - de “sauver les oeuvres orphelines”, c’est-à-dire, les oeuvres dont les ayant-droits n’ont plus que faire, se foutent, en fait, car ça ne paye plus.
Or donc, argumentaient Eric Eldred et ses compagnons, instaurons un processus simple : quand une oeuvre tombe ou va tomber dans le domaine public, si l’ayant-droit le juge de son intérêt, qu’il paye donc 1 dollar - oui : 1 dollar - pour prolonger la durée de ses droits. Sinon, preuve étant administrée par l’ayant-droit lui-même que l’oeuvre désormais lui indiffère, qu’elle soit versée au domaine public, pour que les amoureux de cette oeuvre puissent continuer à lui donner le soin qu’elle mérite, et qu’eux savent bien lui donner.
Mais non. L’affaire ne fut pas gagnée. Contexte Sonny Bono Act, les gros sous de Mickey, j’en passe, etc. On connaît la chanson.

Et voici donc le nouveau cas (merci à Xorios qui nous relaie ce message de chris28 sur Framagora) :

IMSLP International Music Score Library Project qui propose plusieurs milliers de partitions du domaine public selon la loi canadienne moins restrictive que les lois européennes (50 ans après le décès du compositeur) a reçu des lettres de menace d’Universal Edition. Les partitions proposées étant téléchargeables à partir de pays où elles sont encore protégées. UE demande un filtrage des adresses IP ou la fermeture du site. Malgré le soutien des nombreux utilisateurs (universitaires, compositeurs, simple musiciens …) le site est actuellement fermé. Des propositions de reprise sont lancées notamment par le parti pirate suédois en espérant que toute la richesse d’IMSLPF puisse survivre.

Il est d’autant plus rageant que certains éditeurs possédant les droits sur des oeuvres ne les publient pas ou alors à des prix exorbitants. Un ami mexicain me racontait que beaucoup des superbes pièces pour piano de Manuel Ponce étaient introuvables car l’éditeur américain possédant les droits ne trouvait pas assez rentable de les publier. Appréciant beaucoup la musique de Louis Vierne (1870-1937), j’ai essayé de me procurer ses Préludes, Nocturnes et Solitude pour Piano mais ce n’est vraiment pas évident, il faut s’adresser directement à l’éditeur : les partitions sont parfois épuisées ou tout simplement introuvables en France (comme les Préludes). Finalement j’ai pu télécharger toutes ses oeuvres sur la page consacrée à Louis Vierne sur IMSLPF avant sa fermeture. Un projet comme IMSLPF doit être soutenu, il s’agit de protection du patrimoine musical mondial. Qui jouera du Vierne ou du Ponce si leurs oeuvres ne sont plus publiées ?

Forum d’IMSLPF : http://imslpforums.org/viewforum.php?f=1

Edit 24.0ct. : cicelle (comment. #7) apporte une précision : aucun lien direct entre Universal Edition A.G., l’édteur en question, et Vivendi Universal. Universal Edition n’est pas un département de VU. les relations existent cependant, par ex. Ricordi, le partenaire italien de UE A.G., est propriété de VU. mais bon : dont acte.

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J.O. n° 220 : “Oeuvre en partage”

Samedi 22 septembre 2007

Ça vient de tomber : il faut dire “Oeuvre en partage”. Est-ce suite au rapport de la sous-commission MADOO publié il y a peu ? Il semblait que celle-ci préconisât plutôt “oeuvres ouvertes”… Aucune information là-dessus…

J.O n° 220 du 22 septembre 2007 page 15622
texte n° 90

Avis et communications
Avis divers
Commission générale de terminologie et de néologie

Vocabulaire de la culture

NOR: CTNX0710861X

oeuvre en partage

Domaine : Propriété intellectuelle.

Voir : oeuvre en usage partagé.

oeuvre en usage partagé

Domaine : Propriété intellectuelle.

Synonyme : oeuvre en partage.

Définition : OEuvre que son auteur destine à l’usage commun et dont il abandonne ou concède à titre gratuit tout ou partie des droits d’utilisation, selon certaines conditions.

Note :

1. Une oeuvre en usage partagé peut faire l’objet d’un contrat qui précise la nature et l’étendue des exploitations consenties (simple usage, possibilité de modification ou de transformation).

2. L’emploi de l’expression « Creative Commons », dénomination sociale en anglais d’une organisation qui propose ce type de contrat, est déconseillé.

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“Cherchez l’erreur”…

Vendredi 21 septembre 2007

Ce bref billet de Philippe Aigrain, que nous remercions, débusque “l’erreur” dans les chiffres et communiqués de l’industrie du disque. Oh, rien de sorcier, il suffit de mettre en rapport ces chiffres, la “vérité” annoncée se vautrera alors comme baudruche mal fardée : l’erreur est-elle alors la signature reconnaissable d’une faillite stratégique…

Dans la longue série des annonces de chiffres accompagnées d’appels à frapper plus fort les partageurs de fichiers, le SNEP annonce un effondrement de 17% des ventes de disques (en CA) au 1er semestre 2007. Le même document vous apprend que les ventes de disques au détail n’ont baissé que de 8%. Ne croyez pas que c’est que les marges des détaillants se redressent, c’est tout simplement que le premier chiffre n’intègre que les ventes des majors membres du SNEP. Pourquoi ces ventes baissent-elles bien plus vite ? Cherchez plus bas : les majors n’ont commercialisé que 631 albums pendant ce premier semestre, soit un rythme annuel de 1262 à comparer aux 1611 de 2005 et 3200 de 2003.

Voilà donc des acteurs industriels qui annoncent avoir réduit de près d’un facteur 3 en 4 ans leur offre tout en perdant dans la même période 40% de leur chiffre d’affaires. Des esprits mal tournés pourraient souligner que leur chiffre d’affaires par album est passé de 0,31 M€ à 0,41 M€ en 4 ans. Rishab Ghosh a expliqué dans un article essentiel, que la valeur des créations réside dans l’existence de chaque oeuvre, alors que la valeur d’une copie supplémentaire d’information est nulle. Voilà donc quelques acteurs qui fournissent à la société une valeur (culturelle) réduite de plus de 60% mais compensent sur le plan de la capture de valeur économique par la concentration accrue de la promotion sur chaque titre.

N’en déduisons pas que la production d’enregistrements musicaux n’est pas en crise : elle a bel et bien besoin de nouveaux mécanismes de financement, notamment par les mécanismes de mutualisation entre auditeurs et offre musicale. Mais l’un des plus graves problèmes auxquels l’industrie musicale fait face, c’est l’existence en son sein de modèles commerciaux prédateurs qui préférent entraîner dans leur chute les autres acteurs plutôt que d’affronter le monde de la diversité.

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L’industrie par Trent Reznor

Dimanche 16 septembre 2007

Nine Inch Nails, groupe majeur de l’industriel depuis plus de 15 ans maintenant, vend quelques millions d’exemplaires de chacun de ses albums.

Trent Reznor, sa tête et ses bras (il a pris l’habitude de [presque] tout faire en studio) a toujours été à la pointe des nouvelles technologies qu’il a toujours cherché à anticiper.
Dans un article sur music2dot0.com, il livre sa stupéfaction sur quelques positions adoptés par l’industrie du disque.

Dans les perles, notons par exemple :
Year Zero [leur dernier album] is selling for $34.99 Australian dollars ($29.10 US). No wonder people steal music. Avril Lavigne’s record in the same store was $21.99 ($18.21 US). By the way, when I asked a label rep about this, his response was: “It’s because we know you have a real core audience that will pay whatever it costs when you put something out - you know, true fans. It’s the pop stuff we have to discount to get people to buy.” So, I guess as a reward for being a “true fan” you get ripped off.

Par conséquent, il a décidé de se passer de l’avis de sa maison de disques (Universal) pour vendre son album depuis son site à 4 $ (Australien toujours, je présume).

Autre coup de gueule, il fustige le prix élevé du CD alors que les revenus des artistes ne suivent pas.
Since the CD came on the market, even with its relatively lower production costs compared to vinyl, labels saw it fit to increase prices exorbitantly while artists’ age-old contracts meant they got the same amount as before - and even granting that the labels invest in marketing and take risks, it is still a great rip-off”.

Enfin, il dédramatise le téléchargement illégal en argumentant :
I have the following suggestion for our fans: If you can find and buy our legal CDs, I express my thanks for your support. If you cannot find it, I think that downloading from the Internet is a more acceptable option than buying pirated CDs. Our music is easy to find on the Internet, and you might not need to spend much effort to find most of our songs. If you like our songs after you’ve heard them, please feel free to share it with your friends.”

Je passe sur sa critique des DRM, et autres pépites, pour vous encourager vivement à lire l’article sur cette page du site music2dot0.com.

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Gratuit c’est pas libre !

Dimanche 9 septembre 2007

Gratuit c’est pas libre !
C’est vrai quoi : il serait temps d’inverser le gimmick facile : ‘libre c’est pas gratuit’, à quoi répondent facilement divers intérêts, et qui se décline d’ailleurs pour peu qu’on y cède en ‘gratuit c’est libre’ ou en ‘libre de droit c’est gratuit’.

Eh ben non ! Et même le fameux “prix libre” ne saurait permettre à d’aucuns d’arguer que “ben quoi c’est libre”… Car en effet c’est précisément et rigoureusement libre, à telle enseigne que si tu files 1€40 pour 2 cds, moi le vendeur suis également libre de te dire : “no blemo, mais tu vois, tu gardes tes 1€40 et je garde mes cds, je suis libre comme toi”. Ah !!

beth'copyleft : 1 logo du copyleft par bituur esztreymCar, soyons sérieux, toute l’entreprise de la musique libre, depuis que Ram Samudrala a écrit la Free Music Philosophy en 1994 puis 1998, et la Free Music Public License en 2000-2001, et depuis qu’apparurent la Licence Art Libre en 2000 puis les Creative Commons fin 2001-2002 (us), et d’autres, est de manifester, non que tout-li-monde-il-y-fait-c’qu’y-veut, mais que le musicien, l’auteur, reprend la main, contre les “intermédiaires”, ceux-là mêmes qui dans toute l’histoire du droit d’auteur déséquilibrent (ou tentent de - souvent avec succès - déséquilibrer et biaiser à leur avantage) la relation entre les auteurs et le public.

Quiconque travaille dans le domaine de la “production audiovisuelle” pour faire large, sait que le “libre de droit” n’est pas gratuit : le web regorge de sites de producteurs/distributeurs de “musique libre de droits” que les clients potentiels, producteurs de pubs, de sonorisation, de clips, de sonneries téléphoniques, de “tounes” (à la québéquoise) d’ascenseurs etc., savent être libre de perceptions, mais néanmoins payantes : ces musiques “libres de droits”, vendues “au kilo”, ou au “Mégabyte”, n’entraînent nul engagement de perceptions ou droit d’auteur d’aucune sorte, mais sont payantes ; ces sites ont des catalogues, des tarifs, on raque, et voilou. L’utilisateur paye un tarif, et basta.

Or voici que se méprenant, cherchant la martingale (et comment les blâmer - sauf que : là non…) et découvrant la “musique libre”, “dite” ou “réputée” gratuite (et la confondant avec..), d’aucuns s’imaginent pouvoir trouver là la poule-aux-oeufs-pas-bézef, voire nib’. Ben non !

Ne serait-ce que pour la raison, qu’ils n’ont pas encore aperçue, que l’utilisation d’une musique libre (id est publiée sous licence de libre diffusion) suppose que l’oeuvre dérivée, savoir la publicité, le podcast radio, le clip - si la musique qu’ils intègrent est sous licence libre - soit sous même licence : … la pub, le clip, doivent également être sous licence libre… c’est-à-dire librement réutilisable, modifiable, (re)distribuable, etc…

Mais même sans cette condition de viralité de diffusion libre, l’usage des licences de libres diffusion implique le respect de certaines règles. Cela n’a rien à voir avec les “musiques libres de droits” : lesquelles, on contacte le site ou diffuseur, on achète la zik, et basta. Là non : dans le cas de la musique libre, on contacte l’auteur, le label, on se conforme aux termes de la licence, on paye à l’auteur ce que de droit, et l’on rediffuse l’oeuvre dérivée selon les termes indiqués par la licence choisie par l’auteur…

D’où confusion entre “musique libre de droits” et “musique libre” : car ce n’est pas du tout, mais pas du tout la même chose.

La “musique libre” telle que nous l’entendons ici, et que tend à s’en répandre le sens, est la musique dont les auteurs ont choisi d’assurer eux même la gestion (gestion individuelle - et non collective - des droits d’auteurs), et qu’ils ont choisie de diffuser sous des licences de libre diffusion, ou LLD, qui leur assurent la maîtrise de la dissémination.

Il est vrai que ne sont pas encore assurées les conditions publiques, économiques, d’une diffusion, distribution et valorisation économique des oeuvres “libres” ainsi entendues. Ce qui est fort dommage, car des études déjà menées montrent que la répartition de l’attention, diversité et symétrie, dans un régime de distribution et offre “libres”, est répartie beaucoup plus équitablement que dans un système concentré tel que celui qui domine encore actuellement.

La différence statistique est “blatant” comme disent les anglois : violemment saisissante, pourrions-nous traduire. Jusqu’à maintenant, les conditions dominantes actuelles des circuits de distribution et répartition de l’attention empêchent que se manifeste clairement la vertu macro-économique du libre pour la culture…

Wait and see… Watson est mort ; nous sommes vivants, passionnés et à l’oeuvre.

(note : il est clair - n’est-ce pas, nous l’espérons - sauf pour quelques tanches, que “gratuit c’est pas libre”, hein, comme l’illustre a fortiori l’usage par d’aucunes méga-entreprises du téléchargement gratuit pour peu que l’on se fade la pub imposée : n’y revenons pas…)

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