Nous sommes inquiets, très
inquiets, nous aussi. Ce n’est pas que nous
craignons d’être pillés, spoliés, RUINÉS, non… Mais l’État français
s’apprête à défendre sans discernement le lobby de ceux qui ne sont pas
adaptés à la nouvelle économie de la connaissance et du partage. Et
qu’importe si c’est au détriment de ce qui se développe d’utile ou
d’intelligent sur internet !
Au lieu de miser sur la
créativité qui n’a jamais été aussi
vigoureuse, riche et dynamique, les industries du divertissement en situation de
monopole, prétendent que seuls leurs choix sont les bons, alors qu’ils
sont en réalité catastrophiques ! Qu’il faut aller vers toujours plus
de répression, de criminalisation des usages du citoyen, plus de taxes
! Tout ça pour retrouver coûte que coûte les profits envolés, sans
jamais se demander si la cause de leurs problèmes n’est pas ailleurs…
Et qu’importent les
créateurs ! On ne leur demande jamais rien,
alors qu’on se permet de parler en leur nom… C'EST CELA QUI EST LE PLUS
GRAVE !
L’ activité artistique a
de tout temps été fragile, mise en péril,
persécutée, incomprise. La plupart de ceux qui ont apporté à la
musique, à la culture en général, géants sur les épaules desquelles
nous nous tenons, sont morts dans la misère, parfois humiliés et moqués
par leurs contemporains…
Et au XXIè siècle ?
Toujours autant de d’artistes vivent bien en
dessous du seuil de pauvreté, dans l’indifférence totale. C’est ça la
vie des saltimbanques, elle n’a jamais été rose.
La cause du déclin de
l’industrie culturelle est une série
d’erreurs stratégiques et économiques monumentales commises à la fin du
XXè siècle, dont certaines sont irréparables.
Alors pourquoi imposer au
citoyen ces lois contraires au droits de
l’homme, coûteuses à mettre en œuvre, et dans le fond inapplicables ?
Il est trop tard pour enrayer le phénomène du téléchargement, vraiment
trop tard…
Il faut admettre que le
public, grâce à Internet, dispose désormais
durablement d’une offre culturelle sans limite. Faut-il s’en offusquer
? Il faut admettre aussi que toute tentative de contrôle des échanges
virtuels n’aura pour effet que d’intensifier les méthodes de
contournement, les portes dérobées, et donc de multiplier les
contrefaçons, les excès, les dérives...
Faciliter
l’accès aux œuvres, libérer les esprits, ouvrir à la
connaissance, éduquer… Voilà des bases plus saines, tellement plus
faciles à mettre en œuvre !
C'EST POURQUOI NOUS
ENCOURAGEONS LE PUBLIC À TÉLÉCHARGER NOS ŒUVRES, À LES PARTAGER, À LES
DÉCOUVRIR, ET MÊME LES MODIFIER. Oui,
nous avons confiance en nos concitoyens, qui savent être reconnaissants
de la générosité qu’on leur témoigne. Nous ne défendons pas la
gratuité, mais le bien commun, socle de toute culture civilisée.
Et nous ne nous contentons
pas de défendre ces principes
fondamentaux, nous réfléchissons au nouveau visage de l’économie de la
musique débarrassée de certains intermédiaires dont
l’attitude nous a
durablement convaincu de malhonnêteté.
Le projet de loi, proposé
par la Ministre de la Culture, issu de la
mission menée à l’automne dernier par Denis Olivennes, nous donne de
très bonnes raisons de penser qu’internet risque de se transformer en
tombeau de la liberté d’expression, et de la diversité culturelle.
C’est pourquoi nous nous
engageons à combattre la loi "Création et internet" avec
toute notre énergie, dans le respect des droits d’auteur, par
l’utilisation des licences libres et ouvertes, et par toute forme
d’opposition démocratique à sa mise en œuvre.
NOUS SOMMES LES PREMIERS
CONCERNÉS, NOUS AVONS NOTRE MOT À DIRE, NON ?
Nous refusons les verrous,
la criminalisation des usages culturels
et les milices privées… Nous refusons que la loi s’en prenne au citoyen
sous de si fallacieux prétextes.
Arrêtons de marcher sur la
tête ! La loi doit être la même pour
tous, et donc aussi pour tous les artistes. Si elle est votée, ce sera encore une fois
pour aider les plus riches d’entre eux...
Se couper du public (et
d’une grande majorité des artistes) est une
si grave erreur, que nous avons du mal à comprendre comment des
multinationales aussi puissantes ont pu oublier ce détail…
Voilà pourquoi nous sommes
inquiets : les bêtes blessées sont dangereuses…