Le monde dépendra-t-il de la culture libre ?




Depuis Elephants Dream1 en 2005 la scène Creative Commons de la crĂ©ation audiovisuelle aux exigences professionnelles est restĂ©e quasi dĂ©serte. Deux ans et demi après l’image de synthèse c’est le documentaire qui fait son baptĂŞme du feu. En effet, depuis peu un projet prĂ©sente une sĂ©rie de documentaires professionnels, ayant pour vocation d’ĂŞtre diffusĂ©s sous licence(s) Creative Commons, et entièrement rĂ©alisĂ©s avec des logiciels libres. Ces documentaires sont en cours de production et dureront au total entre 90 et 120 minutes. De nouvelles vidĂ©os font rĂ©gulièrement leur apparition sur le site, ils traitent des mouvements non-violents rĂ©cents et historiques en Inde.
- Producteur : Ton Roosendaal ; Réalisateur : Bassam Kurdali ; Licence : Creative Commons Attribution ; Durée : 10 minutes 54 secondes ; Budget : 120 000€ ; Site Web.


Mais, si la crĂ©ation libre est quasi inexistante dans le milieu professionnel, n’est-ce pas parce qu’elle est incompatible avec le professionnalisme ? N’est-ce pas justement le volontariat qui caractĂ©rise la culture libre ?
Le besoin de culture est une caractĂ©ristique fondamentale de l’humanitĂ©, comme le besoin de se nourrir, de respirer et de boire. L’intĂ©rĂŞt de l’homme pour la culture est instinctif, l’aspect volontaire de la culture est donc innĂ©, inaliĂ©nable et primordial. Mais par dessus les caractĂ©ristiques de la sociĂ©tĂ© humaine s’ajoutent et s’imbriquent une multitude d’activitĂ©s, parmi elles les activitĂ©s professionnelles, commerciales et industrielles. Parfois ces activitĂ©s peuvent avoir des consĂ©quences directes ou collatĂ©rales dĂ©sastreuses sur les domaines auxquels elle s’appliquent. La famine, et la pollution de l’air et de l’eau en sont les sinistres exemples relativement Ă nos besoins de se nourrir, de respirer et de boire.


Puisqu’il est le socle de la culture le volontariat n’est pas en opposition au professionnalisme, mais Ă travers lui il peut aiguiller le commerce et l’industrie pour Ă©viter un autre dĂ©sastre, culturel cette fois.


Ses activitĂ©s humaines peuvent s’interconnecter et dĂ©pendre d’autres activitĂ©s. De par son caractère essentiellement basĂ© sur le volontariat la culture libre est dĂ©pendante de temps, et d’argent. Elle Ă©volue donc au grĂ© de ses dĂ©pendances : le temps libre, la charitĂ©, le mĂ©cĂ©nat, les subventions, etc. Or la dĂ©pendance est l’opposĂ© de la libertĂ©, donc contradictoire avec cette culture qui se dĂ©finie comme libre. Pire que la dĂ©pendance avec d’autres activitĂ©s, elle peut aussi ĂŞtre en conflit, comme c’est le cas avec l’industrie du divertissement. Ce conflit est le rĂ©sultat d’une oppression lĂ©gislative et technologique liberticide menĂ©e contre les internautes par l’industrie. Ça fait donc seconde contradiction avec la culture libre.
Pour ĂŞtre Ă la hauteur de ses idĂ©aux de libertĂ©, la culture libre doit donc trouver des solutions face Ă ces interconnexions qui peuvent ĂŞtre handicapantes, voire nocives. En dĂ©veloppant des activitĂ©s pour ce dont elle dĂ©pend, ce qui concerne le temps et l’argent la professionnalisation semble ĂŞtre un atout, et en trouvant un système de coexistence avec les activitĂ©s conflictuelles, voire mieux une compatibilitĂ©.


Le modèle Ă©conomique de l’industrie du divertissement consistait Ă faire payer l’accès au contenu via la vente de Vinyls et de VHS, et c’est ce qu’elle tente de faire aussi sur Internet. Or avec Internet nous avons dĂ©jĂ cet accès, ce qu’on n’a pas c’est le droit de l’utiliser selon les principes de la culture libre : copie, diffusion et modification sans restriction. Ă€ quoi bon vouloir nous vendre un accès qu’on a dĂ©jĂ ? Pourquoi ne nous vendrait-elle pas plutĂ´t ce qui nous manque : le droit de copier, diffuser et de modifier sans restriction ? La culture libre tirerait alors la situation Ă son avantage car c’est l’industrie qui deviendrait dĂ©pendante d’elle. Si cette hypothèse devenait une rĂ©alitĂ© c’est le monde lui mĂŞme qui serait alors dĂ©pendant de culture libre, c’est pourquoi le prĂ©sent project de documentaire propose des solutions pour concrĂ©tiser cette hyposthèse.
Cette vision est beaucoup moins romanesque que celle de la culture libre underground et du volontariat. Mais elle n’a rien de contradictoire, au contraire, en Ă©tendant son influence le socle volontaire de la culture libre Ă©loigne les menaces qui pèsent sur elle. Payer de sa personne sur son temps personnel ou avec son argent revient au mĂŞme. C’est la mĂŞme motivation, la mĂŞme sueur, pour la mĂŞme libertĂ©.


Le système traditionnel fait payer pour l’accès au contenu, en aval de sa publication. Or la culture libre ayant pour vocation d’ĂŞtre libre d’accès peut difficilement se permettre ce type d’approche limitant l’accès. Il lui faudrait donc un système qui finance une crĂ©ation en amont de sa publication, pour pouvoir la laisser vivre sa vie sur Internet, sans restriction et pour l’Ă©ternitĂ©.
C’est pourquoi ce projet de documentaires propose plusieurs mĂ©thodes de participation comme la promotion, la traduction, le montage, la programmation, etc. et parallèlement un mode de financement original, nommĂ© « funding and licensing » par l’Ă©quipe de Creative Commons. Ce modèle a souvent Ă©tĂ© thĂ©orisĂ© mais jamais appliquĂ© sur un projet de cette envergure. Le budget du film a simplement Ă©tĂ© divisĂ© en trois paliers, Ă chaque fois que le cumul des entrĂ©es d’argent (dons, partenariats, etc.) franchit un palier, une licence Creative Commons plus permissive est appliquĂ©e.


Comme toute production professionnelle, ces documentaires engendrent des coĂ»ts incompressibles. Mais une rĂ©duction significative du coĂ»t total de production a Ă©tĂ© permise par le travail collaboratif, le contournement de nombreux intermĂ©diaires et l’utilisation exclusive de logiciels libres. Le revers de ces Ă©conomies est que certains contournements Ă©loignent les possibilitĂ©s de financement traditionnels, comme la redevance, la taxe sur les supports vierges, les droit d’auteurs (e.g. SACEM), bĂ©nĂ©fices de la publicitĂ© tĂ©lĂ©visuelle, etc.


Comme ce projet dĂ©fend directement le public et ses libertĂ©s, l’idĂ©e que le public soutienne directement en retour sa viabilitĂ©, sa libertĂ© et son indĂ©pendance tombe Ă première vue sous le sens. Public et crĂ©ateurs faisant directement Ă©quipe, chacun y trouverait son compte : une culture libre dans les deux sens du terme, libre d’utilisation par les licences Creative Commons, et libre de parole par l’indĂ©pendance des crĂ©ateurs. Sans compter que les Ă©conomies rĂ©alisĂ©es en contournant certains intermĂ©diaires rĂ©duiraient aussi les munitions visant Ă menotter les internautes : moins de fonds pour le lobbying parlementaire (voire directement dans l’AssemblĂ©e), et moins de fonds pour dĂ©velopper des technologies comme les DRM.

MalgrĂ© tout le bon sens que ce raisonnement peut laisser transparaĂ®tre, il y a un hic… celui de la gratuitĂ©. En effet, malgrĂ© les milliers de publicitĂ©s1 ingurgitĂ©s chaque jour par nos cerveaux respectifs, leurs prix rĂ©percutĂ©s sur nos achats quotidiens (comparables Ă celui de la TVA2, voire beaucoup plus3), reprĂ©sentant la première dĂ©pense mondiale (1 200 milliards d’Euros en 20044), nous avons le sentiment que tout est gratuit. Ce sentiment nous coĂ»te en rĂ©alitĂ© très cher, ne serait-ce qu’en temps de cerveau disponible pour TF1 et en kilomètres cube de coca5. Car une partie infime de ces milliers de milliards d’Euros annuels — que nous payons tous — est destinĂ©e Ă ce qui nous intĂ©resse, la crĂ©ation.
Paradoxalement donc, accepter l’idĂ©e que rien n’est gratuit nous ferait faire de substantielles Ă©conomies. Mettre la main Ă la poche ça rapporte ! AjoutĂ© Ă cela un gain culturel qualitatif et quantitatif, un barrage au financement de la mĂ©diocritĂ© universelle vendeuse de coca, tout en nous Ă©pargnant des dommages collatĂ©raux liberticides.
- « En moyenne 3 000 annonces par jour » aux États-Unis en 2007 ; La publicité est partout (Réseau Éducation-Médias).
- 10% Ă 20% pour des produits d’hygiène et 10% Ă 15% pour des produits alimentaires en 1999 ; La publicitĂ© (Patrick Hetzel).
- Jusqu’Ă 8 653€ de frais publicitaire par voiture vendue en 2006 ; (Autoplus n°939).
- (Collectif des déboulonneurs).
- DĂ©claration de Patrick Le Lay, le PDG de TF1 : « Il y a beaucoup de façons de parler de la tĂ©lĂ©vision, mais dans une perspective business, soyons rĂ©aliste: Ă la base, le mĂ©tier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, Ă vendre son produit. Ce que nous vendons Ă Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. » ; Les dirigeants face au changement (Editions du Huitième jour).


Mais qui donc est censé participer financièrement ?
La rĂ©ponse devrait ĂŞtre : « celles et ceux qui ont une profonde envie de faire exister cette crĂ©ation ». C’est malheureux Ă dire, mais dans ce cas de la non-violence en Inde cela reprĂ©sente fort peu de monde.


Prenons par exemple l’industrie musicale traditionnelle. Sur dix personnes qui achètent chacune un album, combien l’ont fait par conviction profonde ? Une ou deux, peut ĂŞtre trois ? Un qui n’imagine pas une seconde vivre sans cet album, le « grand fan », et deux grands amateurs, juste fans. Les sept autres l’ont simplement fait pour y avoir accès, mais ayant aujourd’hui accès Ă l’album sur Internet, ils le pirateraient s’il n’Ă©tait pas libre, ou ne seraient pas concernĂ©es par un financement libre « funding and licencing ». Sans compter des milliers d’autres qui n’auraient jamais achetĂ© l’album mĂŞme pour y avoir accès. Comme ils peuvent malgrĂ© tout le tĂ©lĂ©charger, ils le stockent parmi quelques autres tĂ©raoctets de fichiers, ça tombera peut-ĂŞtre en random sur une playlist un de ces jours… ça s’arrĂŞte souvent lĂ .


C’est donc sur les trois fans qu’il faut compter. Il est difficile de comparer un budget avec un prix de vente dont le nombre est variable, mais faisons une moyenne grossière. Sur un nombre moyen de ventes dans le système traditionnel, en arrondissant gĂ©nĂ©reusement, le salaire des artistes reprĂ©sente 15% du prix de vente1. Et tout aussi gĂ©nĂ©reusement le budget logistique incompressible reprĂ©sente 15%. Comme le dĂ©montre le projet de documentaires Ă©voquĂ© les salaires et la logistique suffisent Ă faire vivre la crĂ©ation, par financement direct. Admettons donc que le prix de vente cet album soit de 20€ dans le système traditionnel, les dix personnes auraient payĂ© un total de 200€. Dans le cas d’un « funding and licencing » libre les trois fans devraient donc assumer 30% soit 60€. Le grand fan est prĂŞt Ă payer un peu plus que le prix habituel : 30€. Parce qu’il est grand fan, sait que son argent est bien investi, et est en contact beaucoup plus Ă©troit avec son idole. Ce contact peut se traduire par des dĂ©dicaces, remerciements sur la pochette, avant-première, etc. Enfin les deux autres fans sympathisants sont prĂŞts Ă payer, mais un peu moins que le prix habituel : 15€ chacun. Cette approche semble tout Ă fait raisonnable, et le compte y est.
- Détail du prix de revient du CD de Thomas Fersen ; Coût de production : 555 000€ ; Prix de vente : 17,99€ ; (Magazine Epok) :
- Prise de son : 13 500€
- Montage : 7 000€
- Mixage : 19 000€
- Location de matériel : 450€
- Repas : 1 625€
- Fournitures (CD vierges, disques durs) : 3 000€
- Salaires : 75 230€ (4 musiciens, une chorale, ingĂ©nieur son, chanteurs, backliner…)
- Création graphique : 31 500€
- Budget de lancement : 12 000€ (mini concerts, déplacements télévision)
- Achats publicitaires : 140 000€
- Points de prĂ©sence magasins : 25 000€ (corners, publicitĂ© sur le lieu de vente, points d’Ă©coute)
- Affichage : 22 000€
- Communication sur les concerts : 45 000€
- Clip : 40 000€
- Spot télévision : 5 000€
- Photos presse : 3 000€
- Maison de production : 110 000€ (25% du sous-total de 443 305€)


Pourquoi les fans paieraient-ils pour les autres ?
Chacun d’entre nous existe Ă travers ses goĂ»ts, ils font partie de notre chair et de notre identitĂ©. On ne paie pas nĂ©cessairement pour les autres, mais pour faire exister nos goĂ»ts, les faire connaĂ®tre, les partager et ĂŞtre reconnus en tant qu’individus. C’est une question que l’on se pose pas lorsqu’on est fan. Si on aime le foot par exemple, il est naturel de supporter son Ă©quipe prĂ©fĂ©rĂ©e, on apprĂ©cie le jeu de toutes les Ă©quipes mais on ne les soutient pas. On est d’autant plus heureux que les fans d’autres Ă©quipent s’intĂ©ressent Ă la nĂ´tre. Les autres Ă©quipes sont elles mĂŞmes supportĂ©es par d’autre supporters, et tout le monde est d’autant plus heureux de pouvoir profiter du spectacle. C’est une forme de compĂ©tition crĂ©ative, bon enfant : « Qui saura le mieux supporter son Ă©quipe ? ». Chacun d’entre nous serait donc prĂŞt Ă supporter les crĂ©ations libres, mais seulement celles que l’on aime par dessus tout. Les goĂ»ts de chaque individu sont uniques, il faudrait donc une palette de choix très large pour faire vivre un tel système, de façon Ă©quitable par rapport Ă l’ensemble du public, et viable Ă©conomiquement.


Or il y a une vraie carence en matière de choix au sujet de la crĂ©ation audiovisuelle libre aux exigences professionnelles. C’est pour ça qu’en l’Ă©tat actuel des choses la rĂ©ponse ne peut ĂŞtre « celles et ceux qui ont une profonde envie de faire exister cette crĂ©ation ». Pour que ce choix existe il faut qu’il y ait une demande de libertĂ©, cette dernière Ă©tant quasi inexistante il faut la crĂ©er. Ce n’est donc pas aux seuls fans mais dans un premier temps Ă tout ceux qui ne souhaitent plus ĂŞtre les victimes de la rĂ©pression sur Internet, ne plus gaspiller leur argent, et souhaitent que la culture libre ne soit plus l’exception mais la règle de le faire. Aujourd’hui chacun devrait soutenir les initiatives de crĂ©ations libres, par delĂ les goĂ»ts. Et ce jusqu’Ă ce que le choix soit suffisamment vaste pour que l’on ne contribue plus par bon sens, mais instinctivement, en grand fans, pour les seules crĂ©ations que l’on aime rĂ©ellement.


Lawrence Lessig, fondateur de Creative Commons a soutenu ce projet de documentaires depuis le premier jour, en devenant le premier donateur en ligne. Ton Roosendaal, producteur d’Elephants Dream a fait part des ses encouragements Ă l’Ă©quipe qu’il qualifie de « pionnière ». De mĂŞme que Mark Shuttleworth, leader d’Ubuntu, qui la qualifiĂ©e d’« extrĂŞmement censĂ©e ». Et enfin Richard Stallman, parrain du logiciel libre et thĂ©oricien de l’encyclopĂ©die libre devenue WikipĂ©dia, a fait part de son intention de promouvoir le projet pour le franchissement des deux derniers paliers, plus libres. De part sa jeunesse le projet ne semble pas encore ĂŞtre bien connu hors du cercle des initiĂ©s, cependant la Fondation Wikimedia a fait savoir Ă l’Ă©quipe qu’elle ouvrirait une section dĂ©diĂ©e Ă la promotion de projets de ce type, c’est une piste.



Combien de temps sans liberté ?

Un projet de documentaires libres.
Works: Earth, Fruits, Clouds, Water, Starved, Pollution, Factory, Field, Bottleneck, Hollywood, Concert, Stadium 1, Stadium 2, Watering, Caravan.





















11 mars 2008 Ă 11:48
« Pour que ce choix existe il faut qu’il y ait une demande de libertĂ©, cette dernière Ă©tant quasi inexistante il faut la crĂ©er. »
Comment la créer?
Ma réponse : En utilisant la communication comme savent le faire les grandes industries par exemple!
13 mars 2008 Ă 18:51
Moi je dis qu’il faut, soit avoir des couilles soit ĂŞtre complètement Ă la masse pour mettre un budget 120 000€ et sortir le package en libre.
13 mars 2008 Ă 19:04
Moi je dis : Arrete de parler pognon!!!
A nous tous on est tres riches, plus riches que les « grands ». On ne sortira peut-etre pas le package en libre, mais on fera avancer le libre, quoi qu’il (m’en) coute…
Et ce sont des initiatives comme celle ci qui interpelleront le public de « masse ».
Le truc qui est chiant, c’est que pas grand monde dans les « masses » n’est encore passĂ© a la « gĂ©nĂ©ration internet »… mais c’est pres d’arriver, je le sens!!!
« you might say I’m a dreamer,… But I’m not the only one! »
13 mars 2008 Ă 19:34
Be yourself !!
13 mars 2008 Ă 19:35
non « Stay yourself » c’est mieux
13 mars 2008 Ă 20:46
Putain!!!
Endoctrasia vient de me dire la meme chose sur MSN « stay yourself »… Vous inquietez pas les gars : « I will always stay myself ». Papy Perdurabo m’en a donnĂ© les bases, maintenant, a moi de me demerder!
14 mars 2008 Ă 4:27
^^
15 mars 2008 Ă 1:38
Ah que c’est beau les rĂŞves …
15 mars 2008 Ă 14:53
Message Ă Team2UV/Endoctrasia: je crois que tu n’as pas saisi le principe de libĂ©ration progressive en fonction des fonds rĂ©coltĂ©s. La diffusion sous licence ouverte ne se fera pas avant remboursement des frais minimaux engagĂ©s.
17 mars 2008 Ă 11:53
EspĂ©rons qu’il y aura des suites a ce projet. Merci pour l’article.
20 mars 2008 Ă 22:16
Bonjour,
Je suis sais pas s’il est très convenu de porter une critique Ă ce projet, tant les efforts investis sont considĂ©rables. NĂ©anmoins, permettez-moi d’opposer l’idĂ©e que cette initiative, mĂŞme si l’intention est louable, me semble un peu limitĂ© et pas si audacieuse..
En effet, je trouve que le concept « libre sous condition » ne correspond pas Ă la philosophie du Libre, et ne participe pas tellement Ă son dĂ©veloppement.
Cela me parait un peu limite de se prĂ©senter avec un projet copyrightĂ© dont on veux bien concĂ©der certains droits sous condition d’ĂŞtre remboursĂ©..
Soit on joue pleinement le jeu du libre, soit on s’abstient.
Il est bien plus Ă©quilibrĂ© de diffuser son oeuvre sous licence libre au premier jour, sans condition, et encourager la donation pour rĂ©compenser l’auteur de sa dĂ©marche…
C’est le modèle dĂ©fendu par exemple par Rosforth pour son documentaire Goog Copy Bad Copy (www.goodcopybadcopy.ralamax.net)
Je trouve ce modèle bien plus responsable que le « remboursez moi mon film pour qu’il soit libre »… Est-ce que le film en vaut vraiment la peine..?
21 mars 2008 Ă 21:55
Les investissements pour crĂ©er un film sont très importants, je comprends vis-Ă -vis des coĂ»t que cela engendre qu’un film puisse profiter d’un système de diffusion beaucoup plus restrictif (notamment vis-Ă -vis de la distribution physique des films), mais peut-ĂŞtre plus rĂ©munĂ©rateur. Ă€ la vue des sommes importantes Ă©voquĂ©es sur le site, cela me semble ĂŞtre aujourd’hui, le meilleur compromis en attendant que les initiatives libres soient plus implantĂ©es et rĂ©munĂ©ratrices pour permettre le financement intĂ©gral de budgets aussi importants.